Nous sommes en 2032 ! Les organismes mutualistes ont poursuivi leur mutation et sont reconnus pour leur offre de santé et de protection sociale tout au long de la vie. Pour cela, ils ont optimisé les synergies mutualistes, passé des alliances avec d’autres acteurs économiques, renforcé la diversité et l’expertise de leurs équipes. Le recours à l’intelligence artificielle est maîtrisé. Les relations humaines avec les adhérents et patients sont préservées. Les mutuelles sont à la pointe de l’innovation et de la solidarité. Ce scénario est-il réaliste ? Oui, répondent unanimement les acteurs de terrain, réunis à l’initiative de l’Observatoire de l’Emploi et des Métiers en Mutualité (OEMM).

Cette instance paritaire de la branche Mutualité vient de terminer la phase 1 d’une étude prospective sur l’évolution des métiers de la Mutualité à horizon 2032 (cliquer ici pour en savoir plus). Au terme d’une première étape de diagnostic commun, les travaux ont débouché sur un scénario prospectif qui décrit ainsi le futur rôle des mutuelles et unions mutualistes : « Vers un rôle d’assemblier innovant et engagé au service de la santé et des solidarités de demain ». Une vision élaborée avec des responsables mutualistes et partagée par les participants et participantes à une table ronde organisée par l’OEMM le 14 novembre 2024.

Une approche holistique de la santé

Pour Manon ENOC, DRH chez Solimut Mutuelle de France, la notion d’assembliers traduit bien l’ambition du mouvement mutualiste de peser sur les enjeux de santé publique et même les enjeux de société, dans le sens de l’intérêt général. « Notre modèle porte un modèle alternatif d’entreprendre, en termes d’activités et de trajectoire professionnelle offerte aux salariés », dit-elle, évoquant la notion « d’entreprise étendue ».  À travers le prisme des activités sanitaires et médico-sociales, Julie COPIN,  Responsable emploi et recrutement chez VYV3, voit dans ce rôle d’assembliers « l’approche holistique de la santé, c’est-à-dire une prise en charge globale, tout au long du parcours de santé et du parcours de vie. »

« Faire réseau, renchérit Karine DELRIEU, Directrice de la Mutualité Française Sud, c’est la raison d’être des Unions régionales mutualiste. Cela consiste à valoriser les expériences mutualistes, toutes activités confondues, et créer des alliances avec les acteurs locaux sur des positions communes. » Éric GEX-COLLET, DGA en charge des richesses humaines chez AESIO Mutuelle, invite à l’ouverture : « Être des assembliers ? Cela veut dire avoir une vraie capacité à travailler avec d’autres acteurs, en dehors de notre écosystème. »

Innovation : « Ne rien s’interdire ! »

Le concept d’assembliers s’applique aussi aux ressources humaines : « Cela fait écho pour moi à la politique de diversité et inclusion, explique Dominique GILSANZ, Directrice Transformation RH engagement et diversité dans le Groupe VYV. Notre conviction, c’est que la singularité de chacun et de chacune est source de performance et de qualité de vie au travail. » Cette politique s’entend au sens large, en portant son attention sur l’ensemble des diversités : le handicap, le genre, l’âge, l’orientation sexuelle et l’identité de genre ainsi que les origines sociales.

Sur le terrain de l’innovation, les mutualistes « ne doivent rien s’interdire », pour reprendre la formule d’Éric GEX-COLLET. « L’innovation mutualiste est protéiforme, ajoute Manon ENOC : sanitaire, sociale, culturelle, technologique… » Dans ce dernier domaine, explique Dominique GILSANZ, il s’agit de se mobiliser sur l’intégration de l’intelligence artificielle dans les métiers, dans une dynamique de conduite du changement. Objectif : recourir à l’IA de manière responsable et éthique. En un mot : de manière mutualiste !

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